Laurent Saint-Cyr : le dernier président tournant du Conseil présidentiel de transition en Haïti
Port-au-Prince, le 7 août 2025 – Laurent Saint-Cyr, homme d’affaires respecté du secteur privé, a été officiellement investi en tant que président du Conseil présidentiel de transition (CPT). Il est appelé à conduire la dernière phase de la transition avant l’élection présidentielle prévue d’ici février 2026.
Un parcours centré sur le privé et l’expertise
Saint-Cyr est une figure notable du monde entrepreneurial haïtien : ancien dirigeant dans le secteur des assurances, il a présidé la Chambre de Commerce américaine en Haïti ainsi que la Chambre de Commerce et d’Industrie haïtienne . Il occupait déjà un rôle clé dans la transition politique, ayant été membre du Haut Conseil de la Transition (février 2023 – mars 2024) avant d’intégrer le CPT en avril 2024.
Une montée au pouvoir dans un contexte périlleux
Lors de son investiture à la Villa d’Accueil — lieu temporaire du pouvoir en raison de l’insécurité chronique dans le centre-ville — Saint-Cyr a lancé un appel solennel à l’action, exhortant les partenaires internationaux à renforcer le soutien et à intensifier les opérations de sécurité.
Sa nomination intervient dans un climat particulièrement tendu : la capitale est largement sous le contrôle des gangs, avec près de 90 % de Port-au-Prince occupés, selon l’ONU, et de nombreux actes violents enregistrés. Le chef de gang Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », a menacé de faire échouer l’installation du nouveau président.
Promesses traditionnelles, attentes inédites
Saint-Cyr devient ainsi le quatrième président tournant du CPT en 15 mois, la transition étant marquée par de nombreuses critiques visant les dirigeants précédents, accusés d’inaction, de corruption et d’incapacité à freiner la violence.
Son discours d’installation était direct : « Trop de sang a coulé, trop de temps a été perdu (…) ce n’est pas le moment pour les discours, mais pour l’action ».
Objectifs clés
- Sécurité : renforcer les capacités des forces haïtiennes et solliciter un soutien international plus tangible.
- Élections : organiser des élections nationales, avec un cycle démarré dès novembre pour aboutir à la présidentielle (et éventuellement un référendum constitutionnel) en février 2026.
- Réformes constitutionnelles : engagement à ouvrir la voie à un référendum, bien que semblant récurrent dans les discours passés.
Des organisations féministes et de la société civile ont déjà adressé une lettre ouverte à Saint-Cyr, insistant sur la nécessité urgente de protéger les droits des femmes et des filles, souvent victimes de violences accrues, et d’inclure véritablement les femmes dans le processus de transition.
Avec Laurent Saint-Cyr, le pouvoir exécutif haïtien, pour la première fois en pleine transition, reste dominé par des personnalités du secteur privé. Sa nomination fait courir l’espoir d’une transition plus concrète, bien que le défi humanitaire et sécuritaire reste immense, au vu des violences quotidiennes, des déplacements massifs et de l’érosion de l’autorité étatique.





