Dans un contexte de ralentissement économique mondial et d’inflation mieux maîtrisée, la Bank of America (BofA) a révisé ses prévisions et s’attend désormais à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) baisse ses taux directeurs dès octobre 2025, au lieu de décembre. Une décision qui pourrait avoir un impact sur les marchés internationaux et les économies émergentes, dont Haïti.
L’annonce a surpris une partie des marchés.
Dans une note publiée le 3 octobre 2025, le département de recherche de la Bank of America Global Research prévoit que la Fed procèdera à une première réduction de son taux directeur, actuellement fixé entre 5,25 % et 5,50 %, lors de sa prochaine réunion mensuelle.
Cette anticipation est justifiée par la baisse progressive de l’inflation aux États-Unis et le ralentissement de la croissance observé depuis le second trimestre.
Pourquoi une baisse des taux maintenant ?
Selon la BofA, les signes d’un essoufflement du marché du travail américain, la réduction de la consommation intérieure et les tensions géopolitiques ont convaincu la banque centrale qu’il est temps d’assouplir sa politique monétaire.
“Les conditions économiques indiquent que le moment est venu de soutenir la demande et d’éviter une récession prolongée”, explique Ethan Harris, économiste en chef de BofA.
Effets attendus sur l’économie mondiale
Une baisse des taux de la Fed pourrait avoir plusieurs effets positifs à court terme :
- Alléger le coût du crédit pour les entreprises et les ménages américains.
- Stimuler les investissements dans les marchés émergents.
- Faire baisser la valeur du dollar, rendant les exportations plus compétitives.
Mais elle pourrait aussi accentuer la volatilité des marchés financiers mondiaux.
En particulier, les pays dépendants des importations en dollars – comme Haïti – pourraient voir leurs taux de change fluctuer.
Impact sur les économies fragiles et la Caraïbe
Pour les pays de la région caraïbe, dont les économies sont fortement dollarisées, une baisse du taux directeur américain pourrait temporairement réduire la pression sur les réserves en devises et faciliter les importations de biens essentiels.
Cependant, si le dollar se déprécie trop, les importations risquent de coûter davantage, notamment pour les pays dépendants du pétrole et des produits agricoles étrangers.
Des économistes haïtiens estiment que cette décision de la Fed devrait être suivie de près par la Banque de la République d’Haïti (BRH), afin d’ajuster ses propres politiques monétaires et de stabiliser le taux de change gourde-dollar.
Les marchés dans l’attente
Les investisseurs attendent désormais les déclarations officielles du président de la Fed, Jerome Powell, lors de la conférence prévue le 15 octobre.
Les marchés boursiers américains ont déjà réagi positivement à cette perspective : le Dow Jones et le S&P 500 ont enregistré une hausse de plus de 2 % en une semaine.
Citation à retenir :
“La Fed doit agir maintenant pour préserver la confiance des marchés sans compromettre la stabilité à long terme.”
— Ethan Harris, économiste en chef – Bank of America Global Research
Cette décision, si elle se confirme, marquera un tournant dans la politique monétaire mondiale après deux ans de resserrement.
Pour Haïti et les économies émergentes, l’enjeu sera de profiter des effets positifs de cette détente monétaire, tout en restant vigilants face aux déséquilibres possibles sur les taux de change et les importations.
L’équilibre entre prudence et opportunité sera donc la clé pour les mois à venir.



